80,7 km, 3 443 m D+, trois Causses à traverser, des corniches aériennes au-dessus des gorges du Tarn et de la Dourbie — le Grand Trail des Templiers n'est pas une course de montagne classique, et c'est justement ce qui piège beaucoup de coureurs. Ici, le dénivelé n'explique pas tout : c'est le terrain, le rythme des ravitos et la logique très particulière du parcours qui font la course. Voici comment la préparer.
Le profil de la course
Le Grand Trail des Templiers se court le dimanche 18 octobre, au départ de Millau, avec des départs échelonnés entre 5h10 et 5h50.
- Distance : 80,7 km
- Dénivelé positif : 3 443 m
- Altitude : de 360 m (arrivée) à 894 m (point culminant, au départ)
- 4 ravitaillements officiels : Peyreleau (~20 km, allégé), Saint-André-de-Vézines (~38 km, complet), La Salvage (~58 km, complet), Ferme du Cade (complet), plus des points d'eau à La Roque-Sainte-Marguerite et Mas de Bru
Pour un 80 km, le D+ n'est pas énorme comparé à un ultra alpin. C'est un piège classique : beaucoup de coureurs sous-estiment cette course parce que le dénivelé paraît raisonnable sur le papier. Le vrai défi, c'est ailleurs.
Ce qui rend les Templiers différents
Un terrain qui change tout le temps
Le parcours traverse les trois Causses (Noir, Méjean, Larzac) en alternant plateaux calcaires roulants, pistes forestières rapides, et monotraces techniques avec passages aériens au-dessus des corniches. Ce ne sont pas des sections anecdotiques : ce sont des passages où l'attention et la prudence priment sur la vitesse, et où une allure théorique calculée au kilomètre/heure moyen n'a aucun sens.
Un plan de course efficace pour les Templiers ne peut pas se contenter d'une vitesse constante. Il doit distinguer clairement les segments de plateau roulant, où l'on peut relancer, des segments de corniche ou de single technique, où l'allure chute mécaniquement.
Des blocs de dénivelé concentrés
Le D+ n'est pas réparti uniformément : il se concentre sur les remontées depuis les vallées du Tarn, de la Jonte et de la Dourbie vers les plateaux. Entre ces remontées, de longues sections roulantes sur les Causses permettent de relancer une allure plus soutenue. Le profil ressemble davantage à une succession de paliers qu'à une montée continue — ce qui rend la segmentation du parcours particulièrement utile pour ne pas se faire surprendre.
Une météo d'octobre à anticiper
Mi-octobre sur les Causses, les écarts de température entre le petit matin (départ avant l'aube) et l'après-midi peuvent être marqués, avec un risque de brouillard ou de vent sur les plateaux exposés. Le début de course se fait de nuit ou à l'aube : prévoir l'éclairage et les couches pour les premières heures, quitte à s'en délester ensuite.
Découper la course en segments
Avec 4 ravitaillements officiels et 2 points d'eau, la course se prête naturellement à un découpage en 5 à 7 segments logiques :
- Départ → Peyreleau (~20 km) : descente initiale et premier faux plat, souvent couru trop vite dans l'euphorie du départ
- Peyreleau → Saint-André-de-Vézines (~18 km) : remontée vers le Causse Noir, terrain technique
- Saint-André-de-Vézines → La Roque-Sainte-Marguerite : traversée de plateau, section roulante
- La Roque-Sainte-Marguerite → La Salvage (~58 km) : la partie la plus exigeante physiquement, souvent celle où le facteur de fatigue se fait le plus sentir
- La Salvage → Mas de Bru/Massebiau : dernière remontée avant la fin de course
- Mas de Bru → Ferme du Cade → Arrivée : derniers kilomètres, souvent en fin de journée, avec la fatigue accumulée
Chaque segment a son propre profil : dénivelé, technicité, exposition. Les traiter séparément, plutôt que de raisonner en vitesse moyenne sur 80 km, est ce qui distingue un plan de course réaliste d'une simple estimation.
Le piège du départ
Les Templiers commencent par une descente et un faux plat roulant sur les premiers kilomètres. C'est exactement le genre de profil qui pousse à partir trop vite, porté par le groupe et l'excitation du départ.
Le problème, c'est que cette énergie dépensée trop tôt se paie plus tard, notamment sur le bloc technique de La Roque-Sainte-Marguerite à La Salvage, souvent identifié comme le passage le plus dur de la course. Un coureur qui a « cassé » son effort dans les 20 premiers kilomètres arrive sur cette section déjà entamé — au pire moment possible.
La règle reste la même que sur n'importe quel ultra : retenir son effort sur les segments faciles pour arriver frais sur les segments qui comptent.
Gérer les passages techniques
Les monotraces sur corniche imposent un rythme différent de celui d'une piste large. Quelques repères pour les aborder :
- Anticiper le ralentissement. Sur ces sections, il ne s'agit pas de courir moins bien, mais de courir différemment : appuis plus courts, regard porté plus loin, pas de relance brutale.
- Ne pas chercher à rattraper le temps perdu tout de suite après. Vouloir compenser un passage technique par une accélération immédiate sur le segment suivant est une des causes fréquentes de blessure ou de crampe en fin de course.
- Utiliser les bâtons sur les remontées vers les Causses. Les relances entre les vallées et les plateaux sont un bon terrain pour les bâtons, à condition d'être entraîné à les manier efficacement.
Le facteur de fatigue sur ce parcours
Sur un parcours aussi contrasté, le ralentissement en seconde moitié n'est pas linéaire : il se concentre sur les sections techniques et sur la remontée finale vers Ferme du Cade, en fin de course.
Un facteur de fatigue autour de 15 à 20 % est une base de travail raisonnable pour un coureur intermédiaire sur cette distance, à ajuster selon ton propre historique. Mais sur les Templiers plus que sur une course roulante, il vaut mieux appliquer ce ralentissement segment par segment plutôt qu'en moyenne globale : la seconde moitié inclut à la fois des sections roulantes (où le ralentissement est minime) et le passage le plus difficile du parcours (où il peut être bien plus marqué).
Ravitaillement et gestion de l'effort
Avec seulement 4 ravitaillements officiels sur 80,7 km, les intervalles entre deux points peuvent atteindre 20 km — largement de quoi vider ses réserves si l'alimentation n'est pas anticipée.
- Prévoir de l'autonomie alimentaire et hydrique entre les ravitos, notamment sur le tronçon Saint-André-de-Vézines → La Roque-Sainte-Marguerite → La Salvage, le plus long et le plus exigeant.
- S'appuyer sur les points d'eau intermédiaires pour ajuster l'hydratation selon la météo du jour, sans attendre les ravitos complets.
- Prévoir des apports solides et liquides adaptés à l'allure prévue sur chaque segment : on ne mange pas de la même façon sur un plateau roulant et sur une montée technique.
Construire ton plan de course
La méthode reste la même que pour n'importe quel ultra, appliquée au profil particulier des Templiers : découper le parcours en segments à partir des ravitos et des changements de terrain, estimer une vitesse de base par segment selon le dénivelé et la technicité, appliquer ton facteur de fatigue en le renforçant sur les sections techniques de fin de course, et prévoir l'autonomie nutritionnelle entre les ravitos les plus espacés.
Sur un parcours aussi contrasté, faire ce travail à la main prend du temps et laisse une bonne marge d'erreur. C'est exactement ce que Segly automatise : importe le GPX officiel des Templiers, laisse l'application segmenter le parcours (ou ajuste-le toi-même autour des ravitos et des zones techniques), règle ton facteur de fatigue, et affine le facteur de progression de chaque segment pour refléter la réalité du terrain — plateau roulant, remontée, ou corniche technique. Tu obtiens des temps de passage réalistes à partager avec ton assistance, et un plan que tu peux ajuster jusqu'au dernier moment selon la météo annoncée.
Un plan de course complet est déjà disponible sur les Templiers. Tu peux consulter directement un exemple calculé avec Segly, avec les temps de passage ravito par ravito, le facteur de fatigue et les ajustements terrain appliqués :
À retenir
- Le D+ modéré des Templiers (3 443 m sur 80,7 km) cache un terrain exigeant : plateaux roulants, remontées concentrées, corniches techniques.
- Le passage le plus dur se situe généralement entre La Roque-Sainte-Marguerite et La Salvage : ne pas arriver déjà entamé à cet endroit.
- Avec seulement 4 ravitos, prévoir de l'autonomie alimentaire sur les plus longs intervalles.
- Applique ton facteur de fatigue segment par segment plutôt qu'en moyenne : le terrain technique ne ralentit pas de la même façon que le plateau.
- Prévoir l'éclairage pour le départ avant l'aube et des couches adaptées aux écarts de température d'octobre.
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SEGLY